Robert
Desnos
Demain
v.1 Âgé
de cent mille ans, j’aurais encor la force
De
t’attendre, ô demain pressenti par l’espoir.
Le
temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut
gémir : le matin est neuf, neuf est le soir.
v.5 Mais
depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous
veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous
parlons à voix basse et nous tendons l’oreille
A
maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.
Or,
du fond de la nuit, nous témoignons encore
v.10 De
la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si
nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore
Qui
prouvera qu’enfin nous vivons au présent.
Autre poème de R. Desnos : la Voix